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Culture, TourismeExpos d'été : richesse et éclectisme jeudi 25 avril 2019

Expos d'été : richesse et éclectisme

Les musées de Nîmes vous réservent de très belles découvertes à travers les expositions temporaires déjà en place ou installées d'ici le début de l'été. Facteur incontournable et majeur du tourisme culturel de la ville, avec des artistes d'envergure internationale ou célèbres, quatre présentations associées avec les Rencontres d'Arles, l'un des plus grands événements culturels de la région,  elles ne manqueront pas d'attirer un public nombreux intéressé par la qualité de ces propositions. En 2018, les expositions d'été nîmoises ont attiré plus de 157 000 visiteurs de mai à septembre. Avec la réouverture du musée des Beaux-Arts et les nouveaux aménagements de Carré d'Art, cette année devrait être d'autant plus fructueuse.

Des vestiges de Pompéi aux peintures naïves du prolifique Jean Hugo, arrière petit fils de Victor, des étonnantes photographies de tatouages de détenus nîmois du XIXè siècle aux précieuses gravures de Goya, des quatre propositions contemporaines de Carré d'Art d'artistes étrangers reconnus, aux innovations technologiques inspirées de la nature présentées par le Muséum d'Histoire Naturelle, ce riche éventail souligne le dynamisme des musées de la Ville et leur capacité à jouer une carte de choix dans le paysage fortement concurrentiel du tourisme culturel du sud de la France.

Stages, ateliers, visites guidées et conférences sont en outre proposés tout au long de ces expositions temporaires. 

 

Pompei, un récit oublié Musée de la Romanité, jusqu'au 6 octobre

 

250 pièces archéologiques sont présentées, au travers d'un parcours immersif au coeur de la cité figée par l'éruption volcanique qui l'ensevelit en 79 après Jésus Christ. Les deux principaux protagonistes de cette présentation sont Pline l'ancien, historien et amiral de la flotte romaine, qui organisa une tentative  de sauvetage par la mer, et l'éruption du Vésuve dont on connaît, grâce aux écrits, à l'étude et aux fouilles successives, la chronologie précise.

L'expédition navale de Pline l'ancien, racontée par son neveu Pline le Jeune, est l'occasion de mesurer la qualité et l'ampleur de la puissance navale romaine, qui s'est développée à partir des guerres puniques et a pris l'ascendant sur la méditerranée, grâce notamment aux redoutables rostres en tête de navire qui éperonnaient les navires adverses. La civilisation romaine de cette région de l'Italie à cette époque est présentée à travers les objets du quotidien, du commerce autour de Naples, avec 80 pièces récemment trouvées lors de fouilles et inédites,  et bien sûr à travers de nombreux objets trouvés à Pompeï et Herculanum, témoignages intacts du raffinement des habitants de ces villes au moment de la catastrophe.

 

Rayyane Tabet, Fragments à Carré d'Art Musée d'Art contemporain Jean Bousquet, jusqu'au 22 septembre, Grand Arles EXPRESS 2019

L'artiste Libanais est au premier plan de la scène actuelle de l'art contemporain et son escale à Nîmes s'associe naturellement à l'événement arlésien. Il est aussi à l'affiche du musée du Louvre du 2 mai au 12 août dans le cadre de l'exposition " Royaumes oubliés, de l'Empire hittite aux Araméens". Après Carré d'Art musée, Fragments sera exposée au Metropolitan Museum of Art de New York. Les Inrocks classent cette exposition parmi les 5 incontournables à voir ce mois en France !

A partir d’une carte postale d’un ministre allemand envoyé à son grand-père libanais, l’artiste  se lance dans une enquête personnelle et universelle, doublée d’un périple. Il consacre trois années à se documenter sur la mission archéologique menée par son aïeul et le diplomate et historien de l’art Max von Oppenheim, sur le site de Tell Halaf, au Nord-Est de la Syrie, dans les années 1930. Guerres et conflits interrompent cette mission, dont il ne reste que des fragments. Performance, dessins, sculptures, biens personnels et ready-made forment une vaste installation dans laquelle Tabet réassemble les reliquats du palais de Tell Halaf, suit la trace des vestiges répartis dans différents musées à travers le monde, et rassemble des fragments de tapis. Traversant les âges, les générations et les continents, l’exposition explore les déconstructions et reconstructions de vestiges, conséquences d’« accidents de l’histoire ». A partir de notes autobiographiques et de recherches personnelles, Rayyane Tabet propose une lecture alternative d’événements majeurs à travers des récits individuels.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Leaders", Daniel G.Andular, Galerie Foster (Carré d'Art Jean Bousquet), du 28 mai au 3 novembre, Grand Arles Express 2019

Artiste espagnol, Daniel G. Andular détourne des photographies de dirigeants politiques en publicités commerciales. Questionnant les médias, la manipulation et le pouvoir de l'image, sa réflexion critique sur notre expérience de la réalité est d'actualité alors que les fake news nous envahissent .

 

 

 

 

"30 ans après, Art collection Telekom", Project Room Carré d'Art Jean Bousquet, du 11 juin au 10 novembre, Grand Arles express 2019

 

Créée en 2010, Art Collection Telekom met l'accent sur l'art contemporain d'Europe de l'Est et du Sud-Est, en réponse aux changements sociaux et politiques survenus après la chute du rideau de fer. La collection est aussi perçue comme un appel à une meilleure compréhension de la grande diversité culturelle de l'Europe grâce aux arts visuels. Tous les médias y sont représentés, de la photographie à l’installation, en passant par le dessin et les nouveaux médias. Les acquisitions sont pour l’essentiel des œuvres de jeunes artistes dont on souhaite  suivre le travail sur plusieurs années. L’exposition de Nîmes réunit une importante sélection d’artistes de la collection utilisant principalement le médium photographique. Elle se présente comme une cartographie qui met en évidence les changements géopolitiques et les interrogations qu’ils suscitent dans ces différents pays mais plus généralement en Europe.

 

 

 

 

 

 

"Thanx 4 nothing" d'Ugo Rondinone, Chapelle des Jésuites, du 25 juin au 29 août

Installation vidéo de 19 minutes dans laquelle John Giorno récite un poème, concentré de philosophie bouddhiste passée au crible de la contre-culture américaine. Les pieds nus, dans un smoking qui passe du blanc au noir, son corps forme un chorégraphie, le poète  évoque - le jour de ses 70 ans - son passé, ses rencontres de nombreux artistes comme Andy Warhol, John cage, ses anciens amants, ses dépressions, l'art poétique, dans un flux incantatoire qui traduit la vacuité ultime de l'égo.

 

 

 

 

"Tatouages, le fonds Charles Perrier, médecin des prisons", Musée du Vieux Nîmes, du 25 juin au 27 octobre, Grand Arles Express 2019

De 1896 à 1899, le docteur Charles Perrier mène une étude sur la population carcérale de Nîmes. 853 détenus de 16 à 73 ans sont photographiés selon les techniques d'anthropométrie judiciaire d'Alphonse Bertillon et des milliers de données classées (nationalité, origine, profession, religion, caractères physiques...). Auteur de l'ouvrage Les criminels, présenté à l'exposition universelle en 1900, il s'intéresse en particulier aux tatouages dont il collecte de nombreux dessins et photographies.

 

 

 

 

"De la tauromaquia à la Goyesque, hommage à Goya", Musée des Cultures taurines Henriette et Claude Viallat, du 6 juin au 6 octobre

Francisco de Goya (1746-1828), peintre et graveur espagnol contemporain des toréros emblématiques Costillarès, Pedro Romero et pepe Hillo, a sans doute le mieux représenté les différentes étapes de la corrida. Sa série de 33 gravures Tauromaquia souligne notamment la tension dramatique et la violence des affrontements entre l'homme et les toros sauvages. A travers 150 pièces exposées, dont 7 planches complémentaires que Goya écarta, les jugeant défectueuses, cet hommage présente non seulement les trente-trois gravures, conservées par la Bibliothèque de Nîmes, mais aussi deux gravures originales provenant de l'Académie des beaux-arts de Madrid, des costumes du XVIIIè provenant du musée du Costume de Madrid, le portrait de Pepe Hillo par Lucas y Velazquez, donné récemment au Musée des Cultures Taurines par Michel Descours, ainsi qu'une évocation des corridas goyesques actuelles. 

 

 

 

 

 

 

Jean-Hugo, Musée des Beaux-Arts et Bibliothèque Carré d'Art Jean Bousquet, du 14 juin au 22 septembre

Arrière-petit fils de Victor Hugo, l'artiste Jean Hugo vécut plus de trente ans à Fourques, près de Sommières, après une vie artistique et intellectuelle riche de rencontres dans les années 1930.  Son oeuvre abondante, atypique et proteïforme présente une multitude de facettes : dessin, peinture, décoration de théâtre et d'intérieur, illustration de livres rares, vitraux, écriture. Son style propre faussement simple et naïf met en scène de nombreux paysages et dénote une connaissance de la peinture antique avec des références à Pompei, des peintures Renaissance et chinoise. Le musée des Beaux-Arts, qui détient le tableau "Vigne rouge" de l'artiste, présente une cinquantaine d'oeuvres issues de collections diverses, et la bibliothèque Carré d'Art une cinquantaine de livres illustrés, dont l'un des premiers récits de Stevenson écrit en 1878 (illustré en 1937).

Biomimétisme, quand la nature inspire l'innovation, galerie Jules Salles, du 18 mai au 10 novembre.

Savez-vous que les trains japonais copient les propriétés du bec du Martin Pêcheur ? Que les fabricants d'écrans d'ordinateurs s'inspirent d'ailes de papillon ou que l'on remédie au bruit gênant des éoliennes en imitant les plumes de la chouette ? 50 exemples sont ainsi présentés par le Muséum d'Histoire Naturelle de Nîmes à travers une série de panneaux réalisés par le Centre Européen d'Excellence en Biomimétisme, complétée de la riche collection nîmoise. Le biomimétisme est à la fois un processus d'innovation et d'ingéniérie qui s'inspirent du vivant, de ses formes, ses matières, ses propriétés, ses fonctions. "Scrute la nature, c'est là qu'est ton futur" disait Léonard de Vinci, dont on fête cette année le 500 ème anniversaire. Plus tôt encore, c'est sans doute par l'observation que l'homme préhistorique s'est doté d'outils (en observant des dents d'animaux). Le papier, la roue (inspirée du bousier ?) pourraient bien en être aussi la conséquence. L'inauguration de l'exposition le 18 mai, à l'occasion de la nuit des Musées, se fera en présence du directeur du CEEBIOS, qui répondra aux questions du public.

 

 

 

 

 

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