Entre Nîmes et l'eau : une relation antique
L'histoire nîmoise est jalonnée de sinistres plus ou moins catastrophiques dont les chroniques nous sont parvenues depuis plus de 600 ans.
Pour les deux derniers siècles, on ne dénombre pas moins de 12 événements graves :
8 septembre 2005
9 septembre 2002
3 octobre 1988
6 novembre 1963
25 juin 1915
30 août 1904
6 octobre 1892
21 octobre 1891
Ces débordements ont des causes géographiques bien identifiables.
LE CLIMAT :
Oscillant entre douceur et excès, le climat du Languedoc, et plus généralement de tout l'arc méditerranéen allant de l'Espagne à l'Italie, est la première raison de ces crues à répétition. Des précipitations aussi brutales que soutenues, entraînent des sinistres à partir du moment où il tombe plus de 40 ou 50 mm d'eau par heure pendant plusieurs heures. (50 mm de pluie=50 litres d'eau par m² ou encore 50 000 m3 par km²)
LE TERRITOIRE NIMOIS :
La Ville se situe en piémont d'un plateau calcaire qui domine la Ville d'une centaine de mètres. Six cours d'eau temporaires - les cadereaux - la traversent et drainent les eaux du "plateau des Garrigues" vers la plaine du Vistre, par des bassins versants peu étendus (4 à 12 km de longueur totale pour 10 à 25 km² de superficie).
Deux facteurs secondaires importants :
- l'Urbanisation progressive et l'extension des voies de communication dans la plaine et sur les hauteurs immédiates ont eu des effets défavorables sur le ruissellement et l'écoulement des eaux,
- une structure géologique complexe (karst) qui favorise la circulation des eaux souterraines vers la Fontaine de Nîmes et d'autres résurgences temporaires - les boulidous - avec de brutales augmentations de débit.
Le 3 octobre 1988 des pluies diluviennes sont à l'origine d'une inondation d'une ampleur exceptionnelle. Cette catastrophe reste l'une des plus graves inondations par ruissellement connues en France.
A la suite de la catastrophe, le Maire de Nîmes, M. Jean BOUSQUET, réunit une commission d'experts chargés de proposer des solutions pour protéger la Ville de Nîmes contre un tel événément.
Des solutions tunnels, grands barrages et écoulement naturel sont envisagées puis écartées pour des raisons économiques, sociologiques, techniques ou de durée de mise en oeuvre. Une solution intermédiaire est étudiée, c'est le Plan de Protection Contre les Inondations (PPCI).
Parallèlement, un ensemble de mesures est pris sur différents champs d'action :
- application d'un réglement d'urbanisme adapté, selon un
Périmètre de Risque, - information préventive de la population par de nombreux moyens et documents,
- mise en place du système d'alerte et de suivi des événements pluvieux
ESPADA
Schéma d'aménagement retenu :
Le schéma d'aménagement proposé par la comission hydraulique en 1989 a fait l'objet d'études aprofondies pour sa mise en conformité avec la réglementation sur l'Eau. Il a ensuite été déclaré d'utilité publique. Ce plan comporte :
- la création de bassins de retenue sur l'amont des cadereaux
- la création de bassins de compensation en aval de l'autoroute A9,
- l'aménagement de fossés aval jusqu'au Vistre,
- le renforcement des capacités de débit des canalisations primaires sous le centre-ville,
- la réalisation de "transparences hydrauliques" sous la voie ferrée, le boulevard Allende et les autoroutes,
- enfin, l'aménagement des cadereaux en amont de la Ville.
Le coût global du plan est évalué à 102 millions d'Euros hors taxes, révisé à 192 millions d'Euros en 1999.
Plusieurs programmes de travaux se sont succédés jusqu'en 2006.
Ils ont permis la mise en service de :
1 bassin de stockage amont (carrière) sur le cadereau de la Pondre
3 bassins de dissipation d'énergie et de dégravement,
- 4
bassins de compensation aval qui totalisent 627 000 m3, - plusieurs tronçons de fossés sur l'aval des cadereaux de Valladas, d'Uzès et d'Alès.
Les Bassins qui "couronnent" la Ville sur l'amont assurent dès maintenant une fonction évidente de limitation de l'aléa en Ville. Ils ont montré leur efficacité lors des épisodes de septembre 2002 et 2005. Néanmoins, ils ne trouvernt leur pleine utilité que lorsque la restructuration des cadereaux dans la partie de la ville densément habitée sera réalisée. L'absence actuelle de canalisations urbaines de grande capacité reste la principale cause des dommages pour des événements de ce type.
C'est la raison pour laquelle, a la suite des inondations des 6 et 8 septembre 2005, M. Jean-Paul Fournier, Maire de Nîmes, a sollicité une aide exceptionnelle de l'Etat afin d'accélérer la mise en oeuvre du plan de protection.
Après une série d'échanges entre l'Etat et la Ville, une convention a été signée par M. le Préfet de M. le Maire le 25 janvier 2007 en présence de Mme Nelly Olin, Ministre de l'Ecologie et du Développement Durable.
Il s'agit du Programme d'Actions de Prévention des Inondations (P.A.P.I.) Nîmes - Cadereaux
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