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Patrimoine, RomanitéNemausus révèle son héritage volquevendredi 23 avril 2021

Nemausus révèle son héritage volque

La fouille menée par les archéologues de l’Inrap rue Rouget de Lisle à Nîmes, révèle, de part et d’autre une voie, la présence de riches vestiges d’un quartier urbain mis en place dès la Protohistoire (au IVe avant notre ère) et évoluant jusqu’à à la fin du IIe siècle. Amorcées en janvier, ces recherches conduites sur prescription de l’Etat (DRAC Occitanie), à l’occasion d’un projet immobilier porté par la société Villégiales, s’achèveront en mai 2021.

 

Un dizaine d’archéologues est sur place est mène actuellement des fouilles minutieuses. Ce chantier d’archéologie préventive se fait en amont des travaux. Il s’inscrit dans une logique de sauvegarde du patrimoine et d’aménagement du territoire. Ces habitations romaines et gauloises se trouvent non loin de la Tour Magne, visible du chantier, et des sources de la Fontaine. La ville s’étant construite principalement autour de cette source. C’est la première fois que des vestiges Gaulois sont trouvés dans ce secteur. Sur les couches de terre supérieures on retrouve des occupations romaine qui l’ont succédés. Céramiques, pièces, pots et peintures murales ont été découverts. Ils feront l’objet d’un étude approfondis dans les 2 ans qui suivent, ensuite ils rejoindront le dépôt de l’Etat ou le Musée de la Romanité pour les plus belles pièces.

 

TRADITION CELTIQUE ET ROMANISATION

La période comprise entre le début du Ier siècle avant notre ère et le règne d’Auguste (27 avant notre ère – 14 de notre ère) correspond à l’occupation la plus dynamique de ce quartier. Des maisons sont édifiées sur un modèle méditerranéen, pourvues de petites cours ou de jardins et abritant des pièces d’apparat aux sols bétonnés et richement décorées d’enduits peints du deuxième style pompéien (50 à 30 avant notre ère). Dans une de ces maisons, deux petits autels votifs, dont l’un est dédié aux Proxumes, déesses gauloises, témoignent de la pérennité des traditions celtiques. Certaines maisons comprennent également des espaces dédiés au stockage de denrées (huile ou vin). Dans le même temps, vers le début du Ier siècle, la voie est soigneusement pavée. Enfin, entre le Ier et le IIe siècle, la fonction résidentielle du quartier s’amoindrit au profit d’activités artisanales avec, notamment, la présence de fours pour la production de céramique. Les ultimes traces d’occupation semblent confirmer un abandon du quartier avant la fin du IIe siècle. Remis en culture, il ne sera plus urbanisé.

 

L’ARCHITECTURE EN TERRE CRUE

La mise en œuvre des maçonneries des domus fait appel à des techniques de construction en terre massive ou en briques crues. Si les parties basses des murs sont en pierres liées à la terre, l’essentiel de l’architecture fait appel à la technique de la terre crue (briques moulées, terre moulée empilée sans utiliser de coffrage ou un mélange des deux). Les sols sont eux aussi en très large majorité en terre. L’ampleur des travaux a nécessité un apport conséquent en matériau, fourni par des artisans travaillant dans des carrières alentours. L’ensemble de ces constructions faisait appel à des corps de métiers professionnels, spécialistes du bâti en terre, technique ancienne bien maîtrisée par les populations celtes du midi de la Gaule. Cette technologie est encore bien présente durant l’époque romaine, trahissant longtemps l’héritage volque dans l’architecture de la cité.

 

+ plus d’infos

 

www.inrap.fr

 

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