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Patrimoine, UnescoUnesco : la Maison Carrée candidatevendredi 5 mars 2021

Unesco : la Maison Carrée candidate

Suite à la décision en 2018 du Comité du patrimoine mondial de reporter la candidature de « l’ensemble historique urbain de Nîmes », en raison de la surreprésentation de l’antiquité et des centres urbains sur la liste du patrimoine mondial, la Ville de Nîmes a fait le choix de proposer une nouvelle candidature centrée sur la Maison Carrée. Le seul monument nîmois, soulignent les experts, pouvant prétendre à une valeur universelle exceptionnelle sans équivalent parmi les biens figurant déjà au patrimoine mondial.

 

Dès 2019, la Ville et le ministère de la Culture ont sollicité les experts de l’Unesco (ICOMOS International) afin de redéfinir scientifiquement le choix d’une nouvelle candidature. Celui de la Maison Carrée s’est affirmé et l’élaboration du dossier a été mise en œuvre sous la direction scientifique de l’académicien Pierre Gros, spécialiste mondial de l’architecture romaine.

 

L’un des plus anciens témoignages visibles du culte impérial

Temple dynastique construit certainement entre l’an 2 et 7 de notre ère, la Maison Carrée est l’un des plus anciens et des mieux conservés des édifices consacrés au culte impérial dans le monde occidental. Il illustre particulièrement la période charnière de l’histoire de Rome qui vit disparaître le régime républicain auquel Auguste substitua une monarchie impériale. En instaurant une période de calme et de prospérité (« la Pax Romana ») après les années de lutte pour le pouvoir, Auguste mène une politique de développement urbain à travers tout l’empire en favorisant la création de monuments, ou en se réappropriant des édifices existants, qui remettent au goût du jour l’art et l’architecture classiques. Ce répertoire stylistique magnifie judicieusement l’identité de la civilisation romaine, participant aussi à l’adhésion des populations à l’Empire. Nîmes reste un témoignage vivant de cette période de l’Histoire et témoigne de la mise en place du culte impérial voulu par Auguste. C’est de cette période que datent les principaux monuments qui ornent notre ville dont le sanctuaire de la Fontaine dédié à son propre culte et la Maison Carrée, dédiée à sa descendance.

 

Un temple à la mémoire des héritiers d’Auguste

L’état exceptionnel de conservation de la Maison Carrée et l’aboutissement de son programme architectural et décoratif, du plus pur style corinthien inspiré des édifices officiels de Rome, permettent aujourd’hui au monde entier d’en saisir toute la portée symbolique. Il y a 2 000 ans, les habitants de Nemausus déjà fortement romanisés s’étaient mis sous la protection de Rome et d’Agrippa, général, ami et gendre d’Auguste. À l’annonce de la mort brutale de ses deux jeunes fils Caiüs et lucius Caesar, héritiers du fauteuil impérial, les Gallo-romains de Nîmes ont souhaité marquer leur attachement au clan d’Agrippa et leur fidélité à l’empereur en bâtissant un temple dynastique dédié aux « princes de la jeunesse ». Sur le plan architectural, il est à noter que la Maison Carrée s’inspire directement d’importants temples à Rome comme celui de Mars Ultor ou d’Apollon aujourd’hui disparus. Située sur le Forum romain, elle était entourée de grands portiques et faisait face à la Curie où se trouvait le pouvoir local. Expression du pouvoir impérial, elle marquait ainsi symboliquement l’espace public et suscitait toute la dévotion (réelle ou de raison) des Nîmois de l’époque pour Rome, sa nouvelle religion impériale et son nouveau régime qui promettait la paix, l’abondance et la prospérité.

 

Un dossier finalisé dès cette année

Sans prendre de retard, la Ville a travaillé son nouveau dossier de candidature toujours avec l’accompagnement de l’État français. Elle a franchi avec succès les trois étapes de validation du Comité national des Biens français du patrimoine mondial à savoir : la valeur universelle exceptionnelle, le périmètre et le plan de gestion. Ce dernier comprend des actions pour la connaissance, la conservation, la valorisation et la transmission du bien. Le périmètre et la zone intermédiaire de protection dite « tampon » et la partie historique sur le culte impérial font encore l’objet de précisions. Pour être inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco, le dossier sera déposé en décembre au ministère de la Culture qui devra le choisir pour représenter la France devant le Comité du Patrimoine Mondial, potentiellement en 2023.

 

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mission-unescoping[at]ville-nimespong.fr

 

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