Zoom sur l'exposition Nefeli Papadimouli

Découvrez ce parcours d'œuvres contemporaines dans le cadre de la Saison Textile dans les musées de la Ville de Nîmes du 24 mai au 21 septembre 2025, sous la direction artistique d'Anna Labouze et Keimis Henni

Parcours d'œuvres contemporaines dans le cadre de la Saison Textile

En parallèle à la Saison Textile qui se déroule en 2025 sous la forme d’expositions temporaires au sein de plusieurs musées, la Ville de Nîmes est à l'initiative d'un parcours d’œuvres textiles contemporaines de l’artiste Nefeli Papadimouli.

Présenté dans trois musées et un centre d’art nîmois du 24 mai au 21 septembre 2025, le parcours est ponctué de six installations de grande ampleur particulièrement représentatives du travail et du parcours de l’artiste. Elles sont exposées de manière à entrer en dialogue avec les lieux où elles sont accueillies et en adéquation avec leurs programmations.

La direction artistique du parcours a été confiée à Anna Labouze & Keimis Henni, qui ont assuré programmation de la première édition de la Contemporaine de Nîmes en 2024.

Nefeli Papadimouli, née à Athènes en 1988, est une artiste et architecte grecque vivant entre Athènes et Paris. Sa pratique transdisciplinaire mêle costume, installation, performance, architecture, sculpture et action participative, dans une approche qui brouille les frontières entre ces différents médiums. Si le textile y est prédominant, elle pense surtout ses œuvres comme des exercices poétiques interrogeant nos constructions culturelles et nos relations sociales.
Son travail explore l’interdépendance entre corps, espace et environnement, en questionnant diverses oppositions : individuel / collectif, actif / passif, humain / non-humain, visible / invisible, rêve / éveil. Ses installations prennent la forme d’espaces à activer lors de performances. Elles sont conçues comme des catalyseurs de liens sociaux, où les corps deviennent parties prenantes de l’œuvre et sont amenés à se coordonner pour incarner une forme de vivre ensemble ritualisé.
L’artiste accorde une attention centrale au corps comme lieu premier d’existence, en impliquant le public dans des dispositifs qui sollicitent gestes, comportements et interactions. Ses sculptures fonctionnent comme des « générateurs d’action », en constante transformation.

Nefeli Papadimouli est diplômée de l’École d’architecture de l’Université nationale polytechnique d’Athènes (Metsovio), des Beaux-Arts de Paris avec les félicitations du jury et du Fresnoy - Studio national des arts contemporains.
En 2018, elle est lauréate d’ARTWORKS (premier programme de bourses d’artistes de la Fondation Stavros Niarchos). En 2019, elle reçoit le Prix du Jury du Prix Dauphine pour l'art contemporain et présente son travail au 64e Salon de Montrouge. En 2022, elle a reçu le Prix Matsutani, et en 2023, le Prix Pierre Cardin de l’Académie des Beaux-Arts pour la sculpture.
Elle a bénéficié de plusieurs expositions personnelles en France et à l’étranger, parmi les plus récentes : The Pill (Istanbul, 2024), Le Crédac (Ivry-sur-Seine, 2023), Ter Posterie (Roulers, Belgique, 2022) et l'École d’art du Calaisis, (Calais, 2020).
Elle a également participé à des manifestations artistiques internationales, telles que la 17ᵉ Biennale de Lyon (2024) et la 9ᵉ Biennale d’art asiatique au National Taiwan Museum of Fine Art à Taichung (Taïwan, 2024), et à de nombreuses expositions collectives, notamment au Centre culturel Jean Cocteau (Les Lilas, 2024), à la MABA (Nogent-sur-Marne, 2024), à la Fondation Ange Leccia en Corse (2023), dans le cadre des Révélations Emerige 2022 (Paris), au Frac Picardie (Amiens, 2022), au M Museum Leuven (Belgique, 2021), au Frac Grand Large (Dunkerque, 2021), au Centre culturel de la Fondation Stavros Niarchos (Athènes, 2019), à La Panacée (Montpellier, 2018), au MOMUS Museum (Thessalonique, Grèce, 2015) et au Istanbul Modern (Istanbul, 2015).
Nefeli Papadimouli a été artiste en résidence à la Villa Belleville (2018), à Ravi-Liège (2019), à la Cité internationale des arts (Paris, 2020-2021), au Frac Grand Large (Dunkerque, 2021-2022), à Artagon Pantin (2022-2024) et à la Fondation Fiminco (Romainville, 2024-2025).
Ses sculptures et performances font partie de nombreuses collections publiques et privées telles que celles du Frac Nouvelle-Aquitaine, du Frac Grand Large, de la Fondation Emerige ou du Musée de la Chasse et de la Nature.

Le parcours des œuvres

  • Carré d'Art - Musée d'art contemporain 
    Place de la Maison Carrée 
     
  • Musée du Vieux Nîmes
    Place Mère-Teresa 
     
  • Musée des beaux-arts de Nîmes
    20 B, rue de la Cité Foulc
     
  • CACN - Centre d'Art Contemporain de Nîmes (uniquement jusqu’au 19 juillet)
    ​​4 Place Roger Bastide

Carré d’Art - Musée d'art contemporain

  • Dream Coat, 2024 : Dream Coat est une série d’œuvres textiles de Nefeli Papadimouli, inspirée des mythes grecs d’Orphée et d’Hypnos, dieu du sommeil. L’artiste y prolonge sa réflexion sur les communautés éphémères, en imaginant des formes de cohabitation qui émergent puis se dissipent, à l’image d’un rêve partagé.
    À la croisée du costume, de la performance et de l’architecture, l’installation prend place entre les piliers du bâtiment conçu par Norman Foster. Une dizaine de costumes-tableaux y sont suspendus, formant une constellation de surfaces flottantes. Ensemble, ils dessinent un paysage où l’on peut observer la course du soleil. Cet espace devient un lieu de passage onirique, une utopie textile où les corps absents ou à venir sont évoqués comme les fragments d’un récit collectif ou d’un rituel.
    L’œuvre propose une vision fluide et mouvante : les rêves, comme les membres d’une communauté, circulent, se croisent, disparaissent. Ils ne nous appartiennent pas, mais nous traversent, nous relient, nous transforment. Dream Coat devient alors une architecture de l’intime, un abri pour les songes, les apparitions et les émanations en provenance d’autres mondes.
     
  • Milieu mouvant, 2017 – 2025 : Milieu mouvant est une série d’éventails-sculptures conçue par Nefeli Papadimouli entre 2017 et 2025. Fabriqués en papier, tissu, bois ou métal, ces objets hybrides, à mi-chemin entre l’outil, le costume et la sculpture, fonctionnent comme des instruments de mesure du monde, à l’échelle du corps. En se pliant, se dépliant, s’ouvrant ou s’enroulant, ils suggèrent des gestes, des rythmes, des usages, et peuvent être activés dans le cadre de performances chorégraphiques collectives prenant la forme de parades.
    Pensés comme extensions du corps, ces éventails activent l’espace autour d’eux. Ils traduisent physiquement la notion d’espaces informels définie par l’anthropologue Edward T. Hall, soit les distances que nous maintenons – ou négocions – dans nos relations sociales. Intime, personnelle, publique : chaque manipulation de l’objet reconfigure ces seuils invisibles.

Musée du Vieux Nîmes

Correspondances (possible encounters of parallel lines), 2022 : L’installation Correspondances de Nefeli Papadimouli emprunte son titre à un livre de l'anthropologue britannique Tim Ingold, dans lequel il imagine une forme de correspondance épistolaire sensible avec le monde – forêts, mers, œuvres, ciels – semblable à l’échange intime et lent de lettres manuscrites. L’artiste s’inscrit ici dans cette même démarche, en tissant un lien poétique entre matière, geste et territoire.
Réalisée sur une toile blanche, l’œuvre intègre des éléments issus de sa série de recherches « Cartographies relationnelles ». Les matériaux – encres naturelles (encre de Chine, indienne, de seiche), pigments textiles et acrylique – génèrent une palette chromatique allant du bleu profond au noir, évoquant les reflets changeants de l’océan. Ces strates colorées dessinent des trajectoires, des flux, des rencontres possibles.

À la fois trace picturale et cartographie affective, Correspondances rend visible une pensée en mouvement, entre abstraction, corps et paysage. L’œuvre propose un espace contemplatif où l’écriture visuelle devient tentative d’écoute : une invitation à ralentir pour percevoir les résonances entre les formes, les mémoires et les mondes que nous habitons.


Musée des beaux-arts

  • Étoiles partielles, 2023 : Étoiles partielles s’inscrit dans la continuité des recherches de Nefeli Papadimouli autour de la relation entre corps, espace et mémoire collective. Cette installation textile activable rend hommage aux utopies architecturales des années 1970 à Ivry-sur-Seine, en particulier aux Étoiles d’Ivry, conçues par Renée Gailhoustet et Jean Renaudie. Suspendue dans l’espace, la structure évoque à la fois un plan d’architecte et une coupe, jouant entre abstraction graphique et volume habitable.

    Lorsqu’elle n’est pas activée – « en grève » –, la sculpture reste en attente des corps, des gestes, des présences qui viendront la traverser et la faire exister pleinement. Elle devient alors le théâtre d’un dialogue entre architecture et action, entre mémoire bâtie et présence vivante.
    Présentée lors de la Nuit Blanche 2023 à Ivry-sur-Seine, l’œuvre a donné lieu à une performance in situ dans les architectures du centre-ville. À travers ce geste, l’artiste a mis en lumière la richesse des espaces communs fragmentés et des circulations ouvertes. Étoiles partielles devient ainsi un hommage actif aux potentialités d’habiter, autrement et collectivement, nos environnements urbains.
     
  • Skinscapes, 2021 : L’installation Skinscapes de Nefeli Papadimouli explore les tensions entre corps individuels et dynamiques collectives. Elle s’inspire ici du philosophe français Jean-Luc Nancy et de sa réflexion sur l’urgence de trouver les moyens d’« être en commun en l’absence d’être en commun » en tant qu’élément primordial de l’équilibre social. L’œuvre interroge ce qui se joue lorsque des corps décident de s’assembler pour former une entité sociale ou poétique nouvelle, dans un monde qui tend à les séparer.

    Conçue comme une sculpture textile activable, l’œuvre fonctionne en deux états. Accrochée au mur, silencieuse, elle évoque les représentations traditionnelles du corps dans la peinture, et s’apparente à un décor ou à une sculpture murale. Une fois activée, elle devient surface mobile et partagée, costume collectif et architecture vivante. Par un mouvement chorégraphié guidé par des partitions spatiales, elle reconfigure les relations dans l’espace, modifie la perception du temps et interroge nos modes d’habiter ensemble.

    La pièce est bicolore : la face est beige, presque neutre, évoque la peau, la matière brute, l’ossature ; le dos, coloré, révèle une dimension plus expressive et spirituelle. Ces deux faces dialoguent et se révèlent au gré des manipulations et des accrochages, renforçant l’idée d’un corps collectif en transformation constante. Skinscapes devient ainsi un médium d’exploration des formes possibles de coexistence dans un monde en mutation.

CACN - Centre d'art contemporain de Nîmes 

Kind of Us, 2019 – 2024 : Kind of Us est une série de sculptures-objets initiée en 2019 par Nefeli Papadimouli. Prenant la forme de chapeaux collectifs à double face. Conçues pour être portés à plusieurs, ces œuvres explorent les dynamiques du mouvement partagé. Accrochés au mur, les chapeaux évoquent des corps célestes : d’un côté, des aplats de couleurs primaires vibrantes ; de l’autre, des motifs inspirés de l’art optique, suggérant une vision en constante modulation.

Pensés par l’artiste comme des dispositifs d’interdépendance, ces accessoires activent un espace mental et physique commun, où les corps se rapprochent, s’adaptent, se synchronisent. Chaque chapeau devient une invitation à expérimenter la tension entre l’individu et le collectif, entre liberté de mouvement et nécessité de coordination.

Présentée en parallèle, une pièce textile complète cet univers : un kimono à deux entrées, conçu pour être porté simultanément par deux personnes. Ce vêtement à géométrie variable étend la réflexion de l’artiste sur les corps partagés, et offre une nouvelle manière de vivre l’espace à deux.

Tarifs et infos pratiques

  • Les expositions sont gratuites sur le site de Carré d'art - Musée d'art contemporain et au CACN
  • Le Pass textile :
    Valable du 5 avril au 16 novembre 2025 
    Le Pass Textile est en vente à l’Office du tourisme et dans les 4 musées municipaux (Museum d'Histoire naturelle, Musée du Vieux Nîmes, Musée des beaux-arts, Musée des Cultures Taurines) au tarif unique de 10 €. 
    Il est également en vente en ligne sur le site internet de l'Office du Tourisme. 
    Les détenteurs du Pass auront accès une fois à l’ensemble des 4 musées municipaux et à la chapelle des Jésuites. 
    Le visiteur ne souhaitant pas se doter du Pass pourra également accéder à l’ensemble des musées avec les droits d’entrées habituels (tarif plein, tarif réduit et tarif exo). 
    Le pass donne également droit à un tarif réduit pour la balade sonore urbaine géolocalisée.
  • Les tarifs des musées  :
    Tarifs pour les expositions permanentes et temporaires :  
    Tarif plein : 5 € 
    Tarif réduit : 3 € : demandeurs d’emploi, étudiants, groupe à partir de 20 adultes 
    Gratuit pour tous les 1ers dimanches du mois, Nuit des musées, Journées européennes du patrimoine 
    Gratuit sur présentation de justificatif
    • Pour Carré d'art-Musée d'art contemporain : exposition visible jusqu'au dimanche 10 août 
      Entrée (exposition temporaire + permanente) : 8€
      Tarif réduit (sous conditions) : 6€
      Entrée permanente uniquement : 5€
      Tarif réduit (sous conditions - permanente uniquement) : 3€
      Gratuit pour les moins de 18 ans
       
  • Horaires ouverture des musées :
    Les musées de la Ville sont ouverts du mardi au dimanche
    Du mardi au vendredi de 10h à 18h 
    Le samedi et dimanche de 10h à 18h30
    • Pour le CACN : exposition visible jusqu'au 19 juillet 
      Ouverture du mercredi au samedi de 11h à 18h

La saison “Textile”