Face au chancre coloré, la Ville de Nîmes agit pour protéger les arbres et renforcer la canopée
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Communiqué de presse
La préservation du patrimoine arboré est un enjeu majeur pour Nîmes, particulièrement dans un contexte de crise climatique qui fragilise le vivant et accentue la vulnérabilité des arbres. Sur le quai de la Fontaine, la Ville engage une nouvelle phase d’intervention pour lutter contre le chancre coloré, une maladie incurable qui touche les platanes.
Sur injonction des services de l’État, formulée en 2025, 13 platanes seront abattus dans les prochains jours afin de limiter la propagation du champignon. Cette intervention s’inscrit dans une démarche globale de vigilance, d’entretien et de renouvellement du patrimoine végétal. Elle sera suivie, dès cet hiver, d’une replantation d’envergure avec 17 arbres de six essences différentes, mieux adaptées aux conditions climatiques du territoire. L’objectif : préserver durablement la qualité paysagère des quais, renforcer la diversité végétale et préparer la canopée nîmoise aux défis climatiques de demain.
« Prendre soin de notre patrimoine arboré, c’est honorer l’héritage des générations passées tout en préparant la ville que nous transmettrons aux générations futures. Les arbres sont essentiels à notre cadre de vie, à la fraîcheur de nos espaces publics, à la biodiversité et à notre capacité collective à faire face au changement climatique. Or, avec des épisodes de chaleur plus intenses, des sécheresses répétées et des maladies qui fragilisent les végétaux, notre patrimoine vivant est de plus en plus vulnérable. Il exige une attention constante, un entretien rigoureux et des choix adaptés aux réalités climatiques.
La dynamique portée par la nouvelle équipe municipale est claire : prendre soin de l’existant, développer massivement la végétalisation de la ville et renforcer une canopée plus diversifiée, moins vulnérable, plus résiliente et mieux préparée aux conditions climatiques de demain. Lorsqu’un abattage devient indispensable pour des raisons sanitaires, notre responsabilité est aussi de préparer la suite, en replantant et en accompagnant le développement d’un patrimoine arboré robuste, c'est anticiper pour ne pas subir. », explique Agnès Charaix-Py, adjointe à la végétalisation et à la renaturation de la ville.
Une intervention nécessaire pour enrayer la maladie
Au total, l’intervention porte sur les 18 platanes du le quai de la Fontaine, sur les 20 arbres qui bordent la rive. Cinq platanes ont déjà été abattus et remplacés en 2026. Cette nouvelle intervention concernera 13 platanes. Un micocoulier et un tilleul figurent également parmi les arbres recensés sur le site mais ne seront pas impactés.
Le chancre coloré est une maladie grave provoquée par le champignon Ceratocystis platani. Elle entraîne le dépérissement des platanes en quelques années et ne dispose aujourd’hui d’aucun traitement permettant de sauver les arbres contaminés. Classée « organisme de quarantaine » au niveau européen, elle fait l’objet en France d’une lutte obligatoire encadrée par l’arrêté ministériel du 31 janvier 2025. Présente dans la majorité des départements du Sud de la France, la maladie touche également d’autres territoires, jusqu’en Île-de-France et en Normandie. En Occitanie, le canal du Midi en constitue l’un des exemples les plus importants, avec plusieurs milliers de platanes abattus pour enrayer la propagation du champignon.
Une intervention strictement encadrée
Le chantier prévoit l’abattage des 13 platanes concernés, puis le carottage de chaque souche. Les cavités seront comblées avec du broyat afin de limiter les risques de propagation. Les arbres abattus et les souches seront ensuite transportés aux Lauzières, où ils seront brûlés sous surveillance.
Une surveillance renforcée à l’échelle de la ville
La Ville maintient par ailleurs une surveillance attentive de son patrimoine arboré afin de détecter le plus rapidement possible d’éventuels nouveaux foyers de chancre coloré. Des arbres font actuellement l’objet d’analyses et de suivis complémentaires, notamment avenue du Sergent-Triaire et avenue Carnot. Au vu des résultats des expertises et des prescriptions des services de l’État, de nouvelles interventions devront être nécessaires. Agir au plus tôt permet de limiter autant que possible la propagation de la maladie.
Replanter pour préparer le paysage de demain
Ces abattages vont modifier, temporairement, le visage du quai de la Fontaine. Mais ils seront suivis d’une replantation d’envergure dès cet hiver. La Ville a fait le choix de diversifier les essences afin de renforcer la résilience du site et d’éviter de reconstituer un paysage reposant sur une seule espèce. Six essences, adaptées aux conditions du territoire et susceptibles d’atteindre à maturité entre 15 et 25 mètres, seront utilisées :
- Le micocoulier de Provence ;
- le févier d’Amérique inerme (Gleditsia) ;
- le chêne à feuilles craquelées ;
- le chêne-liège de Chine ;
- le sophora du Japon, ou arbre des pagodes ;
- le tilleul à petites feuilles.
Au total, 17 arbres seront plantés cet hiver, dont 10 de calibre 30/35 et 7 de calibre 20/25. Chaque arbre sera tuteuré, avec son essence inscrite sur le tuteur, et paillé. Les massifs arbustifs seront également replantés et l’arrosage automatique remis en place.
Les quais de la Fontaine, un paysage en mouvement
Le paysage du quai de la Fontaine va ainsi évoluer une nouvelle fois. Car les arbres que nous connaissons aujourd’hui ne sont qu’une étape dans une histoire végétale qui a commencé il y a plusieurs siècles. Des ormes du XVIIe siècle aux platanes actuels, en passant par les micocouliers, les marronniers, les tilleuls, les sophoras ou encore les kakis, les plantations des quais ont toujours évolué au gré des époques, des usages et des réflexions sur les essences les mieux adaptées au climat nîmois.
- Au XVIIe siècle, l’orme domine ainsi le paysage. En 1643, 240 ormeaux sont plantés dans les espaces publics de la ville. Quelques décennies plus tard, le Grand Cours est bordé de trois allées d’ormes.
- Au XVIIIe siècle, le platane commence progressivement à s’imposer dans les villes. À Nîmes, il trouve sa place aux côtés du micocoulier, particulièrement adapté au climat méditerranéen. En 1792, un frêne de la Liberté est également planté près du Jardin de la Fontaine, dans le mouvement de plantations symboliques qui accompagne la Révolution.
- À la fin du XIXe siècle, les quais présentent même une diversité végétale étonnante. Le botaniste Gustave Cabanès y recense des marronniers, lilas des Indes, mûriers à papier, kakis, érables, tilleuls ou noyers du Caucase, mais aussi des platanes, sophoras, robiniers et micocouliers. Déjà, la question de l’adaptation des arbres au territoire se pose. Cabanès observe les réussites comme les échecs et recommande notamment le micocoulier de Provence, capable de supporter les sols secs et les fortes chaleurs. Il pose une question qui résonne encore aujourd’hui : « devons-nous surtout planter pour nous-mêmes » ou penser à l’avenir de la ville ?
- Au XXe siècle, le paysage continue de se transformer. En 1993, lors du réaménagement d’une partie des quais, de nouveaux platanes sont plantés. Venus d’Italie et déjà âgés à leur arrivée, ils constituent aujourd’hui une partie familière du paysage.
Le quai de la Fontaine va donc changer de visage. Mais son histoire végétale, elle, se poursuit. La replantation engagée aujourd’hui vise à préserver l’esprit de ce paysage tout en préparant celui de demain, avec des arbres plus diversifiés et mieux armés face aux maladies et aux évolutions climatiques.
Un investissement de 111 000 € TTC
L’opération globale représente 111 000 € TTC, répartis comme suit :
- 25 000 € pour l’abattage et le carottage des souches ;
- 69 000 € pour la préparation des fosses et la plantation des arbres ;
- 17 000 € pour la replantation des massifs arbustifs et la remise en place de l’arrosage automatique.